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Actions pour la biodiversité

Des milieux riches et diversifiés mais en équilibre précaire, qui nécessitent réflexion et action pour être maintenus, préservés et partagés.

Bien que ces nouveaux modes de gestion existent depuis plus d’une quinzaine d’années, certaines actions ont fait leurs preuves, d’autres sont encore à l’essai au parc. Maintenir l’équilibre des milieux pour favoriser la biodiversité tient plus de la maîtrise de ces milieux créés artificiellement et cernés par l’urbanisme que du laisser-aller.
La prise de conscience de la richesse patrimoniale que constituent les espèces naturelles a conduit les gestionnaires d’espaces verts, notamment ceux de la Seine-Saint-Denis, à mettre en place de nouveaux modes de gestion dans les années 90.

Le partenariat avec des organismes et associations scientifiques a permis de faire un grand travail d’inventaire de la richesse naturelle et d’aiguiller les gestionnaires dans les actions qu’ils peuvent mener pour la favoriser. La gestion s’effectue ainsi en regard de l’exigence principale de tels sites : l’accueil et l’agrément du public, mais aussi dans l’objectif de favoriser la biodiversité et de l’utiliser en retour comme support d’éducation à l’environnement pour les habitants.

 La Forêt : donner un coup de pouce au gîtes naturels

Ainsi a-t-il fallu installer des gîtes pour la faune forestière, du fait du jeune âge du milieu, pour que la nature investisse l’espace.

Des nichoirs à passereaux ont été installés, souvent occupés par le Lérot, ainsi que des corbeilles à Hiboux Moyen-Ducs, occasionnant des couvées quasiment tous les ans. En outre, les arbres morts sur pied ou au sol sont l’habitat de prédilection des insectes mangeurs de bois et de leurs prédateurs tels que le Pic vert et le Pic épeichette.

Aussi, contrairement à la gestion classique des massifs boisés des parcs ouverts au public, des tas de bois morts ainsi que des totems sont laissés ça et là. Les totems sont des arbres étêtés qui sont peu à peu colonisés par la chaîne des décomposeurs, les bactéries, les champignons et invertébrés divers puis les oiseaux cavernicoles et les mammifères, formant ainsi un écosystème miniature au sein d’un boisement en évolution.

Ce type d’actions fait l’objet d’une surveillance rigoureuse, un plan de gestion étant en cours, pour répondre également aux préoccupations de sécurité du public. Dans le cadre des travaux d’éclaircissage (suppression d’arbres mal venus ou en surnombre) certains arbres sont gardés pour des totems, d’autres sont simplement abattus et laissés au sol. Ceci contribue aussi au bon développement des arbres vivants et des écosystèmes qui leur sont liés.

 Diversifier la flore herbacée pour enrichir l’ensemble de la chaine alimentaire

La suppression des tontes, sauf pour les gazons des Prés Carrés, et leur remplacement par une fauche annuelle voire bis-annuelle ou tri-annuelle, avec évacuation des déchets de coupe, a appauvri en azote le sol en place, contribuant à une grande diversification de la flore jusque là limitée à des graminées (houlque laineuse, avoine élevée).

A titre d’exemple, ce nouveau système de fauche a permis l’installation d’une dizaine d’espèces d’orchidées sauvages, comme l’Orchée bouc, Homme-pendu, Pyramidal, qui avec deux espèces forestières, élève à 13 le nombre des différentes orchidées naturelles du parc.

 Préserver la richesse des milieux humide en favorisant une gestion particulière des pièces d’eau

Du fait de son caractère urbain et de sa vocation de bassin de rétention des eaux pluviales, l’Etang de Savigny offre actuellement peu de possibilités d’aménagement pour la biodiversité.

Toutefois quelques zones ont été plantées de roselière où peuvent nicher les oiseaux. L’île fait l’objet en 2008 d’un entretien particulier. Elle est un endroit idéal pour l’hivernage et la nidification des oiseaux, à l’abri du dérangement, mais sa végétation arbustive dense empêchait la constitution d’un sous-bois et d’un milieu plus riche en possibilités de gîte. Aussi un éclaircissage est de rigueur parmi les arbres et certains stères de bois vont être laissés sur place, afin d’offrir des abris à la faune.

Le Marais, site de petite taille et fermé au public en raison de sa fragilité est observable depuis les belvédères. Il est particulièrement riche et demande beaucoup d’attention pour maintenir sa biodiversité. Un plan de gestion en concertation avec des instituts scientifiques et des associations naturalistes a été validé. Il prévoit des actions de gestion sur cet espace pour 6 années, au terme desquelles un bilan de l’efficacité de cette gestion pourra être effectué.
Des études en vue de l’élaboration de ce plan est ressortie la nécessité d’échelonner le fauchage dans l’année sur les banquettes (zones argileuses végétalisées qui entourent les chéneaux du marais), afin d’obtenir constamment des tailles diverses de végétation. Un autre élément important de ce plan de gestion est la surveillance du niveau et de la qualité de l’eau, ainsi que la lutte contre les espèces envahissantes. Elles sont soit indigènes, comme les saules qui petit à petit ferment le milieu,soit exotiques comme la jussie (plante invasive) ou la perche soleil. La prédominance d’une espèce dans un milieu déséquilibre l’écosystème et entraîne une chute de sa diversité.

Le ru du Sausset, à l’origine du nom du parc, bordé par un petit peuplement de saules coule à ciel ouvert dans le Bocage, après avoir traversé Villepinte en souterrain et avant de se retrouver à nouveau en souterrain à la limite ouest du Bocage.

Ces trois milieux humides et aquatiques, Ru, Étang et Marais ont été complétés par le creusement de mares au sein du parc, toujours dans le souci de diversifier les milieux, qui démultiplient la diversité des espèces naturelles accueillies. A ce jour, un seul batracien semble pérenne au Sausset : la Grenouille rieuse. Par l’aménagement de mares, milieux favorables à cette famille d’animaux, nous espérons notamment attirer d’autres espèces de grenouilles, de crapauds mais aussi de tritons.

 Protéger les chauves-souris du parc

Dès 2004, des prospections ont été réalisées au parc du Sausset afin de connaître les espèces présentes. Jusqu’alors, 3 espèces ont été repérées : la Pipistrelle commune, la Pipistrelle de Khul et le Murin de Daubenton. La présence de deux autres espèces très courantes est suspectée.

En règle générale, les chiroptères (nom scientifique de la famille des chauves-souris) ont des exigences très spécifiques concernant leur lieu de vie. Si en France, toutes les espèces sont insectivores, elles n’occupent pas toutes les mêmes sites, que ce soit pour la reproduction ou l’hibernation. Certaines, telles la pipistrelle commune, peuvent occuper un grand nombre de gîtes ; d’autres, plus sélectives, choisiront entre des gîtes naturels (grottes, arbres creux) et des gîtes artificiels (bâtiments et constructions humaines).

Si la jeune forêt du Sausset permet d’offrir des gîtes naturels, un effort a été porté pour des espèces qui cherchent des gîtes artificiels par un aménagement spécifique du tunnel qui se trouve sous la voie ferrée entre les Prés carrés et le Bocage ainsi que de petits gîtes à leur attention dans le toit des abris du parc.

seine-saint-denis.fr

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