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Archéologie

Les sous-sols ont révélé une richesse archéologique insoupçonnée. L’archéosite présente aux visiteurs du parc 10 000 ans d’histoire retraçant l’évolution des rapports entre l’homme et son environnement.

 Des opérations archéologiques préalables à l’aménagement du parc

Dans les années 90, les premiers projets d’aménagement du parc prévoient un creusement important des sous-sols, impliquant la destruction d’éventuels vestiges archéologiques. En 1999, la Direction des Espaces Verts contacte le Service du Patrimoine Culturel et ses archéologues dans le cadre des fouilles préventives, pour évaluer le potentiel archéologique du site.

Dans un premier temps, les archéologues compilent et consultent toutes les archives dans le but d’amasser les données géographiques, géologiques et historiques de la parcelle, nécessaires à la compréhension du site.

Les cartes, les photographies aériennes et les textes anciens et actuels indiquent que la parcelle du parc ne semble pas avoir été occupée par des constructions depuis le Moyen-âge. Cette préservation du site, du Moyen-âge jusqu’à notre époque, laisse alors espérer une bonne conservation des vestiges archéologiques éventuels.
Le seul grand remaniement de la parcelle est la construction du canal de Chelles au milieu du 19ème siècle. La découverte, lors de sa construction, de squelettes parés de bracelets et d’armements en bronze ainsi que d’autres découvertes fortuites aux alentours du parc attestent un passage ou une occupation relativement ancienne des hommes sur ce territoire. Par exemple, lors des travaux d’installation de la passerelle de Gournay à Neuilly-sur-Marne à l’Est du parc, un biface avait été découvert.

 Une meilleure compréhension des sous-sols par les campagnes de prospection

Afin de compléter les données cartographiques, des campagnes de prospections géophysiques (sondage du sous-sol) et de prospections à la tarière (creusement d’une tranchée) sont mises en place.

Ces prospections mettent en évidence la constitution géologique du sous-sol et le micro relief du terrain. Elles révèlent l’ancien lit de la Marne et son évolution ainsi qu’une zone plus élevée au centre du parc, liée peut-être au toponyme « haute-ile » datant de la fin du Moyen-âge. Le creusement des tranchées permet de connaître la succession des couches géologiques (stratigraphie) du terrain et en particulier les périodes d’occupation du site. Les premiers vestiges identifiés datent des périodes néolithiques (5 500-2 300 av. J.-C.), gauloises (125-52 av. J.-C.) et antiques (100 av. J.-C.-100 ap. J.-C.).

A l’issue de ces campagnes de prospections, les archéologues sont associés à la réflexion du schéma d’aménagement du parc afin de limiter l’impact des creusements sur les vestiges archéologiques et ne pas retarder l’avancement du chantier par des fouilles préventives de longue durée. Le projet d’aménagement prévoit alors le creusement des anciens chenaux de la Marne. En effet, ces zones restent inoccupées par l’homme qui n’installe pas son habitat les pieds dans l’eau mais plutôt à proximité, sur les terrains les plus élevés.
Durant les travaux d’aménagement du parc, un archéologue reste sur le terrain afin de surveiller la présence éventuelle de vestiges.

 Les sous-sols de la Haute-Ile : un livre ouvert sur l’histoire de l’évolution du climat et du paysage

La Marne, en déposant au fil du temps des sédiments, offre aux archéologues un livre ouvert sur l’histoire du climat, de l’environnement et sur la dynamique des paysages.

Lors des fouilles préventives, plusieurs échantillons de ces sédiments sont prélevés et analysés pour en connaître la composition. Les pollens, les charbons de bois et la faune présents dans les échantillons sont étudiés. Ils permettent d’avoir une idée sur la flore et la faune anciennes et d’imaginer les paysages du site à différentes époques.
Les sédiments les plus anciens constitués de matière organique et de carbonates (cristallisations de calcaire) traduisent un paysage peu bouleversé par l’homme. Par contre, les limons déposés lors des crues apparaissent, il y a plus de 3 000 ans, après que l’agriculture soit utilisée comme moyen principal de subsistance avec les défrichements et la déstructuration des sols par le labour.

 Des découvertes archéologiques inédites

L’évaluation du potentiel archéologique menée par les archéologues du Service du Patrimoine culturel s’étend de 1999 à 2004. Les archéologues concluent cette évaluation sur un potentiel archéologique fort avec un intérêt scientifique avéré.

Les vestiges archéologiques mis au jour par cette évaluation sont restreints. En effet, l’objectif principal du projet d’aménagement était de limiter l’impact sur les vestiges archéologiques grâce au creusement des anciens chenaux de la Marne.
Néanmoins, des découvertes inattendues sont apparues au cours des fouilles préventives et des travaux de terrassement du parc.

- L’histoire du site au fil des vestiges :

Plusieurs vestiges antiques sont découverts. Lors du creusement d’un des chenaux, un gué antique est repéré par l’archéologue surveillant les travaux. Ce passage piétonnier constitué de pierres compactées conserve des traces de piétinement de bétail, notamment un fer à cheval coincé sous une pierre. Après la découverte de ce vestige, le schéma d’aménagement est modifié, la position du chenal est décalée afin de conserver ce vestige en place.

Par ailleurs, la fouille préventive d’une des clairières a mis en évidence la présence d’un verger du début de l’époque romaine accompagné (doté) d’une machine hydraulique permettant la distribution de l’eau dans les plantations.

Des Vestiges éparses datant du Néolithique, de l’Age du Bronze (2 300 av. - 1 800 av. J.-C.) et de l’Age du Fer (125 – 52 av. J.-C.) sont identifiés le long des chenaux ou aux alentours.

Lors du creusement d’une des tranchées de prospection, un squelette d’enfant du 1er Age du Fer est découvert. L’enfant, pieds et mains liés ensemble, était placé dans un contenant en matériau périssable (cuir ou tissu) et enfoui dans la vase sous le niveau de l’eau du chenal. Cette pratique funéraire, encore jamais observée sur d’autres sites contemporains, reflète peut-être un fait divers.

- Des vestiges à découvrir prochainement

Une zone de 3 hectares à l’Est de la zone centrale nécessite une attention particulière. Des vestiges et des sols d’occupation du Mésolithique (9 000 – 5 500 av. J.-C.) et du Néolithique, en bon état de conservation, y sont découverts.
Les vestiges du Mésolithique sont rares en Ile-de-France. De plus, l’importance de cette zone est décuplée par la découverte d’une sépulture, datée de 6 500 av. J.-C. (la fin du Mésolithique), rares pour cette période (seulement 20 environ pour la région). Pour recueillir un maximum d’informations sur l’installation des hommes mésolithiques et néolithiques sur la Haute-Ile, cette zone requiert des fouilles minutieuses de longue durée. Par conséquent, les archéologues en concertation avec les aménageurs décident d’arrêter les travaux d’aménagement de cette zone afin de la mettre en réserve pour des campagnes de fouilles programmées.

 La restitution des vestiges au public : le projet d’archéosite

Les vestiges archéologiques découverts sur le parc départemental de la Haute-Ile sont peu significatifs pour le public. Pour valoriser les découvertes archéologiques dans le parc, un projet d’archéosite (sorte de musée de plein-air) est envisagé.

A terme, trois pôles dédiés aux périodes chronologiques attestées sur le site offriront des reconstitutions grandeur nature de l’environnement et du mode de vie des hommes pour chaque période ainsi que des données sur la recherche en Archéologie.

- Le premier pôle, ouvert depuis 2008, aborde une phase peu documentée du peuplement du territoire, le Mésolithique. Les populations de cette période sont nomades et vivent essentiellement de la chasse, de la pêche, de la cueillette et de la collecte en milieu forestier dense.

- Le second pôle prévu, reconstitue un village néolithique comprenant habitations, ateliers et aires de stockage. Les populations néolithiques sont sédentaires et vivent de l’agriculture et de l’élevage dans un milieu forestier plus ouvert à la suite des premiers défrichements, rendus possibles grâce à d’importantes innovations technologiques.

- Enfin, le troisième pôle illustrera l’occupation humaine du site au cours de l’antiquité, avec la présentation d’une ferme gauloise et d’un quartier d’artisans gallo-romains.

Les découvertes issues des fouilles programmées enrichiront les reconstitutions de chaque pôle. Ces fouilles pourront être visitées par le public qui découvrira alors les métiers de l’Archéologie et les méthodes de recherche.

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