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Des coccinelles asiatiques dans la maison

Lorsqu’arrivent les premiers froids, on peut observer un phénomène aussi récent qu’étonnant : le regroupement de myriades de coccinelles multicolores à l’intérieur de nos habitations (encadrements de fenêtres, tentures, rideaux…). De quoi s’agit-il ?

Depuis quelques années, on peut observer ce phénomène étrange d’agrégation de coccinelles à l’intérieur des bâtiments, à l’automne et au début de l’hiver. Une grande quantité d’insectes s’agglutinent à l’intérieur, notamment sur le bord des fenêtres ou dans des petits coins de la maison. Pourquoi ? Menons notre petite enquête…

Késako ?

Il s’agit en fait non pas d’insectes locaux, comme la fameuse Coccinelle à sept points, mais de Coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis), originaires, comme leur nom l’indique, d’Asie du Sud-est. On les reconnaît facilement car elles présentent une multitude de couleurs possibles contrairement à nos coccinelles rouges. Elles sont aussi légèrement plus grosses et leurs taches sont différentes et très variées. Enfin, contrairement à leurs cousines européennes, elles se regroupent pour passer l’hiver en colonie, dans les bâtiments et non dehors.

Un auxiliaire du jardinier devenu un ennemi ?

Pourquoi trouve-t-on ces coccinelles sous nos climats ? Une précision d’emblée : elles ne sont pas venues seules et comme bien souvent en matière d’espèces exotiques, l’Homme est impliqué dans l’affaire... Au début des années 2000, la Coccinelle asiatique a été volontairement importée en Europe comme agent de lutte biologique contre les pucerons, d’abord pour protéger les plantations sous serre. Ses atouts ? Une grande voracité et une forte fécondité. Sauf que dès le milieu de la décennie, grâce à ses facultés d’adaptation, elle a commencé à coloniser spontanément le pays. Aujourd’hui, elle est présente partout sur l’Hexagone.

Désormais, cette espèce exotique est considérée comme envahissante car elle s’est développée très vite et, à cause de cette voracité importante, elle peut entrer en compétition avec les coccinelles autochtones, en ce qui concerne les ressources alimentaires et le territoire. Elles sont aussi très friandes des larves des autres coccinelles et de nombreux autres insectes… Enfin, elle pourrait avoir un éventuel impact sur certaines récoltes car elle apprécie aussi les fruits – dont le raisin –, mais ne paraît s’attaquer qu’aux spécimens déjà abîmés…

Existe-t-il un risque sanitaire ?

Côté gêne pour les humains, c’est vrai que ces grands rassemblements d’automne – parfois plusieurs centaines d’individus – peuvent être assez désagréables. Même s’il n’y a aucun danger pour la santé, ces insectes sécrètent des substances, phéromones et déjections, qui peuvent faire des taches et sentir mauvais, à l’image de la substance poisseuse relâchée par une coccinelle que l’on a attrapée contre son gré… multipliée par plus de 100 !

Mais comme pour d’autres espèces récemment implantées et devenues indésirables, il est encore très tôt pour tirer des conclusions sur les risques de la présence de la Coccinelle asiatique. Le mieux, pour éviter de les voir débarquer en grand nombre chez soi, est de protéger les ouvertures, de surveiller les interstices et d’essayer de les faire sortir avant qu’il ne soit trop tard.

Et avant d’employer des moyens plus radicaux ou de jouer de l’aspirateur, n’oubliez pas que c’est nous qui l’avons apportée ici…

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