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Essaimage des abeilles : attention à l’implantation des ruches en trop grand nombre en ville

Plusieurs habitants du département ont signalé des essaimages d’Abeilles domestiques dans leurs jardins ou espaces verts environnants au cours du printemps. À quoi est dû ce phénomène ?

Des essaimages naturels mais parfois mal contrôlés

Ce printemps, plusieurs habitants et observ’acteurs de la biodiversité en Seine-Saint-Denis ont signalé à l’ODBU la présence de véritables grappes de plusieurs centaines d’Abeilles domestiques (Apis Mellifera), notamment dans les jardins particuliers. Il s’agit du phénomène d’essaimage. C’est un processus de division de la colonie en deux parties. La reine quitte la ruche avec une grande partie des abeilles ouvrières et forment un essaim en grappe. Les abeilles évitent ainsi la surpopulation de la ruche initiale, assurent la pérennité et le brassage génétique de leur espèce.

S’il est parfaitement naturel, l’essaimage peut inquiéter en ville. Même si ces abeilles ne sont pas dangereuses pour l’Homme et très occupées à trouver un nouvel habitat, il faut éviter de les approcher, de les déranger et ne pas paniquer devant la présence de centaines d’insectes rassemblés.
Par ailleurs, le phénomène tend à se multiplier dans toutes les villes du globe. Les ruches sont installées partout dans les zones urbaines françaises et franciliennes et la Seine-Saint-Denis ne fait pas exception. Plusieurs ruches sont implantées dans les parcs départementaux, mais également dans les villes (notamment sur les bâtiments publics) et chez les particuliers. Mais tous les propriétaires de ruches ne sont pas formés à l’apiculture et au contrôle de l’essaimage qui n’est pas soudain et peut être anticipé et régulé.

Une population d’Abeilles domestiques en croissance : un risque de concurrence avec les pollinisateurs sauvages

Au-delà de la multiplication des essaimages, impressionnants mais sans réel danger, l’installation de nouvelles colonies d’Abeilles domestiques peut, si elle n’est pas raisonnée, entraîner des impacts négatifs sur l’entomofaune sauvage et l’équilibre des milieux naturels.
En trop grand nombre les Abeilles domestiques entrent en concurrence directe avec les autres espèces d’insectes ˗ abeilles sauvages, guêpes, bourdons, mouches... ˗ qui assurent naturellement la pollinisation des fleurs et dépendent directement de cette ressource. Vivant en colonies et nécessitant beaucoup de ressources, elles sont aussi capables de butiner un très grand nombre de fleurs et de parcourir de grandes distances pour y parvenir : elles sont donc beaucoup plus compétitives que les autres pollinisateurs sauvages.

Pour éviter tout problème de surpopulation, des préconisations ont été publiées en 2015, dans la revue des gestionnaires et professionnels de la nature Espaces naturels. Le spécialiste des abeilles à l’Inra d’Avignon, Bernard Vaissières, recommande de ne pas dépasser cinq ruches par kilomètre carré d’espace « naturel ». Or, avec la sensibilisation accrue des citadins et l’engouement actuel pour l’apiculture urbaine, nous sommes souvent déjà très au-dessus de ces valeurs en ville. L’Office pour les Insectes et leur environnement (OPIE) a récemment apporté son expertise sur le sujet et renouvelle ces recommandations afin que tous les pollinisateurs trouvent une ressource suffisante pour se nourrir !


Photo 1 - Légende : Un essaimage à Tremblay-en-France - © Claudine Chambrier.
Photo 2 - Légende : un bourdon, pollinisateur sauvage, au travail - © Olivier Hepiegne.

seine-saint-denis.fr

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