print
 

Histoire et paysages

Ce parc forestier correspondant à un vestige de l’ancienne forêt de Bondy est aménagé à proximité d’une ancienne carrière de gypse dans un environnement urbain dense. Le site fait l’objet d’un inventaire ZNIEFF et d’un classement Natura2000.

 Maussoin, brigand de grand chemin

Prenant le nom de « Forêt de Bondy » au Moyen-Age, le manteau forestier de l’est parisien était un vaste territoire de chasse au 17ème siècle. La présence de l’homme dans une clairière de la forêt débutera dès le néolithique et se poursuivra à l’époque gallo-romaine.

Vers le milieu du 18ème siècle, les cartographies montrent que la clairière réunit l’abbaye de Livry, le château de Clichy et quelques grandes propriétés avec leurs jardins à la française.
Clichy compte une centaine d’habitants vers 1780 et environ 250 au lendemain de la guerre de 1870. Les maisons du village sont toutes groupées autour de l’actuelle église de Saint-Denis.
Lorsque Clichy-sous-l’Aunoy devient Clichy-sous-bois en 1851, la forêt de Bondy recouvre encore près des trois quarts de la commune

Le nom du site de la Fosse Maussoin a été établi au 18ème siècle. En effet, une carte mentionne la route de la Fosse Maussoin ; laquelle, tracée en ligne droite, a dû contourner un fontis, puis une mare, d’où le nom de « fosse ».
La tradition locale veut que la « fosse » ait été le repaire de Maussoin, un bandit de grand chemin écumant la forêt de Bondy au 18ème siècle.

 L’exploitation des carrières, une « entreprise » séculaire

Au 19ème siècle, la propriété domaniale de Bondy met en vente aux enchères publiques des « terrains boisés et disposés pour une exploitation importante de marne et pierre à plâtre ».

Les terrains du parc faisaient partie d’une ancienne carrière exploitée entre les années 1860 et 1965. Utilisé pour la fabrication du plâtre, le gypse est extrait depuis l’Antiquité en Ile-de-France.
C’est au 18ème siècle que les dégâts que peuvent occasionner les galeries exploitées puis abandonnées, commencent à être pris en compte. Un service de surveillance est alors créé pour s’assurer de leur destruction après exploitation.

Dès l’ouverture de la carrière de gypse, la glaise qui est extraite de la couche superficielle de marnes argileuses représente une part importante de l’activité. L’activité d’extraction de la glaise et le passage d’une voie ferroviaire d’exploitation génère le déplacement d’importants volumes de terre, ce qui explique aujourd’hui le relief mouvementé du parc. Les carrières fermeront définitivement en 1939 mais la glaise alimentera la briqueterie jusqu’en 1965.

La Fosse Maussoin emploie en majorité des travailleurs italiens se logeant sur place, mais l’activité générée par les carrières attire aussi une population beaucoup plus hétéroclite. Cette dernière comprend deux classes bien distinctes : les carriers et les malfrats. Les premiers, véritables travailleurs connaissent à fond leur métier. Les seconds, sont des nomades qui ne recherchent guère dans les galeries qu’un refuge contre le froid. Cette population y est représentée par toutes les classes de la société : bohémiens, médecins, prêtres, pharmaciens…

 La Fosse Maussoin, pendant la guerre 1939-1945

Dès le début de l’occupation, les Allemands investissent la plupart des carrières en cavage de la région qui offrent une protection naturelle et efficace contre les bombardements.

La Fosse-Maussoin abrite au départ un centre de transmission. Très vite, elle sert d’entrepôt d’armes, de munitions et de matériel militaire. Trois blokhauss sont édifiés au dessus de l’entrée principale des galeries. A l’approche de la Libération, le dépôt de munitions devient un objectif stratégique et essuie de nombreux raids aériens, néanmoins sans dommage.
Une douzaine de cratères témoignent encore aujourd’hui de l’intensité des bombardements. Dans les galeries, il subsiste de l’occupation allemande un peu de matériel militaire, notamment des lanternes.

Jusqu’au comblement définitif des accès aux galeries, ces vestiges firent le bonheur des cataphiles clichyssois, notamment des jeunes pour qui la découverte du dédale souterrain constituera longtemps un rite initiatique.

 D’une carrière, un parc… et des projets d’évolution

Après l’abandon de l’exploitation de la glaise en 1965, la municipalité de Clichy-sous-bois acquiert la partie ouest de l’ancienne carrière qui accueille aujourd’hui un collège, un gymnase ainsi qu’une vaste zone commerciale.
En vue de la construction d’un parc, le département de la Seine-Saint-Denis fait l’acquisition en 1981-1982 d’un quadrilatère de 22 hectares correspondant à la partie est de l’ancienne carrière.

La reconversion de la partie est de l’ancienne carrière sous-minée par l’extraction en cavage de gypse est beaucoup plus problématique.
Inexploitées et non-entretenues, les anciennes galeries souterraines menacent en effet de voir s’effondrer leurs piliers et leurs voûtes. Les effondrements souterrains provoquent en surface la formation de fontis pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de diamètres

Une dizaine d’hectares sous lesquels il n’existe pas de galeries souterraines sont immédiatement aménagés et ouverts au public. Les 13 hectares sous minés sont clôturés et l’accès est depuis interdit au public.

Ce petit parc essentiellement forestier fait partie des sites Natura 2000 en Seine-Saint-Denis, mettant en valeur la richesse biologique dans un milieu très urbanisé. Le programme européen Natura 2000 constitue un réseau de sites identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces animales et végétales et de leurs habitats.

Depuis 2007, des études sont réalisés envisageant l’extension du parc sur les parcelles limitrophes aujourd’hui inaccessibles au public. L’aménagement de l’ensemble du site permettra d’offrir une superficie en espaces verts importante dans un contexte urbain dense, nécessitant de sécuriser les terrains qui restent visités et donc potentiellement dangereux.
Il permettra de donner un nouveau rôle au parc dans le cadre des projets de la municipalité en terme de liaisons douces et enfin de réaliser un partenariat jeunesse sur l’éducation à l’environnement dans un contexte où les équipements scolaires et les réalisations en direction des jeunes sont une priorité.

seine-saint-denis.fr

Retrouvez toute la vie du département sur le site officiel de la Seine-Saint-Denis

Contacts

Pour toutes suggestions, renseignements ou réclamations concernant les parcs départementaux.