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Histoire et paysages

Ancien site industriel destiné à la production de poudres et explosifs, la Poudrerie de Sevran-Livry a été réaménagée en parc forestier ouvert au public à partir des années 1980.

Le parc, actuellement propriété du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement a été décrété site classé en 1994. Sa gestion directe a été reprise par le Département de la Seine-Saint-Denis depuis le 1er janvier 2011 après 11 ans de gestion par l’Agence des Espaces Verts de la région d’Ile-de-France et 20 ans d’entretien par l’Office National des Forêts.

 La naissance de la Poudrerie impériale de Sevran-Livry

Afin de dynamiser le commerce des poudres noires civiles qui représentait une véritable manne pour le Trésor, Napoléon III décide par décret impérial en date du 27 décembre 1865, la création d’une poudrerie implantée sur les communes de Sevran et de Livry.

L’emplacement choisi est un espace forestier au bord du Canal de l’Ourcq et de la voie ferrée. A proximité de Paris et à l’écart des zones urbanisées, cette localisation apparaît comme stratégique aussi bien du point de vue sécuritaire que de l’acheminement des matériaux.

Gustave Maurouard, ingénieur des poudres et salpêtres, est chargé de mener à bien le projet. Plutôt que d’utiliser l’énergie hydraulique des rivières jusqu’alors employée, il innove en préférant la force motrice de machines à vapeur installées dans une centrale. Le mouvement mécanique est ensuite transmis aux différents ateliers de production par un système de câbles métalliques portés par des poulies, déjà utilisé dans les mines.

La première usine dite « en éventail » commence son activité en 1873. Pour éviter les risques d’explosions, la centrale contenant la chaudière est positionnée au cœur du dispositif et les ateliers sont disposés sur un demi-cercle à 110 m de distance. Reprenant l’ordre du process, les ateliers sont séparés les uns des autres par des allées aménagées pour la circulation et convergentes vers le centre.
Cette installation pionnière servira rapidement de modèle pour d’autres poudreries.

La première usine à peine achevée, il est décidé d’accroître la production et d’étendre le site vers l’est et la commune de Villepinte pour les besoins de la guerre. Une nouvelle usine dite « en linéaire » voit le jour en 1875 alimentée par une seconde centrale. Cet aménagement se différencie du premier par une implantation des bâtiments sur deux lignes parallèles.

Les bâtiments sont conçus en brique et en pierre, dans le style architectural des manufactures de tabac de l’époque. Les locaux des ateliers sont constitués d’une partie légère de bois et de verre dans la partie fabrication, et d’une partie en maçonnerie plus solide où le personnel était protégé en cas d’explosion.

Afin d’assainir les terrains sablonneux et marécageux et d’optimiser les conditions de sécurité du site en cas d’explosion, quatre mares et un réseau de fossés sont creusés. Ces réserves d’eau utiles en cas d’incendie, resteront alimentées par les eaux pluviales tombant sur les 20 ha de toitures des 300 bâtiments de l’époque et la condensation des machines.

Des merlons de terre, plantés d’essences diverses, notamment de platanes, servant d’écrans de protection en cas d’explosion sont aménagés entre les ateliers.

 Une poudrerie à son apogée

En 1883, la superficie de la Poudrerie a doublé, atteignant les 110 hectares. Les terrains au nord du Canal de l’Ourcq accueillent un champ de tir au canon, des terrains d’essai pour la Marine et son laboratoire d’études. La Poudrerie devient un site pilote pour l’étude, l’essai et la production de nouvelles poudres.

La production de poudres évolue à mesure des innovations et en fonction des besoins de guerre : conçue pour produire des poudres à usage civil, la Poudrerie est également amenée à produire des poudres à usage militaire. L’ingénieur Paul Vieille y inventera la Poudre blanche sans fumée. Plus tard ce seront les poudres à propulsion de la fusée Ariane qui y seront élaborées.

L’effectif et la taille du site augmentent en conséquence : on y compte jusqu’à 3000 employés et 300 bâtiments. Le site se présente alors comme une sorte de « campus » industriel : un monde organisé autour de l’industrie et dissimulé par la forêt, constitué de bâtiments de production, de stockage, de laboratoires, d’espaces de tir, de bâtiments administratifs, d’un centre de formation.

 De la reconversion de la Poudrerie...

A partir des années 1960, l’introduction des règles de concurrence au niveau européen conduit à la décision de concentrer la production de poudres dans un nombre de sites limités. La Poudrerie de Sevran-Livry, qui ne fait pas partie des sites sélectionnés, cesse son activité en 1973.

A l’exception des terrains situés autour de la place Dautriche et de l’avenue Louis Maurel, l’ensemble du site est transféré du Ministère des Armées au Ministère de la qualité de la vie(qui deviendra ensuite le Minsitère de l’environnement dans l’objectif de le reconvertir en espace vert.

Cette partie du parc est placée sous la responsabilité de l’Office National des Forêts (ONF) qui en assure le réaménagement et 5 tranches de démolition de bâtiments qui ne pouvaient plus être entretenus.
Suite à la mobilisation d’anciens poudriers pour la préservation de la mémoire du site, une trentaine de bâtiments est conservée et un musée des Poudres est créé. Cette période est marquée par l’implantation de plusieurs associations sur le parc, dont celle des Amis du Parc Forestier de la Poudrerie, association mobilisée pour la défense du site.
L’action de l’association donne lieu à l’abandon de plusieurs projets d’infrastructures ainsi qu’au classement du parc en 1994.
L’antenne de prévention MAIF sensibilise plus de 3000 enfants chaque année à la sécurité routière et domestique avec le vélo en forêt.

En 1996, la gestion du site est reprise par l’Agence des Espaces Verts de la Région Ile-de-France, ainsi que, par délégation, celles des bois des Sablons et de la Tussion propriétés du département de la Seine-Saint-Denis.
Depuis, des effondrements dus à la dissolution du gypse ont contraint le Département à fermer au public le bois de la Tussion dans l’attente de travaux de sécurisation.
En 1999, la tempête a modifié le paysage du parc (5% du boisement a été touché) concourant à régénération naturelle du boisement vieillissant.
Le centre ornithologique d’Ile de France ( CORIF) est implanté sur le site depuis janvier 2007.

 ...en Parc Forestier !

D’une superficie de 137 hectares, le parc de la Poudrerie offre aujourd’hui au promeneur un milieu forestier où se développe une faune riche et diversifiée et où l’histoire industrielle du site rejaillit à la découverte d’un vestige ou d’un bâtiment conservé. Il accueille plus d’un million de visiteurs par an et des services et équipements

Sur les 300 bâtiments existant alors, seule une vingtaine a été conservée dont certains furent réutilisés pour l’aménagement du site.
La première chaufferie a été réhabilitée en pavillon d’accueil et renommée Pavillon Maurouard en hommage à son inventeur ; la carbonisation et les deux magasins de stockage du souffre et du bois sont devenus le Forum. D’autres vestiges comme quelques arcs de transmission sauvegardés témoignent ainsi du passé poudrier.

Aujourd’hui, la végétation du site est dominée par des formations forestières du type chênaie- charmaie, assez âgées et diversifiées. Les milieux ouverts et herbacés assurent le maintien d’une flore et d’une faune riches comparables à celles des grandes forêts.
Depuis avril 2006, le site fait partie du réseau « Natura 2000 en Seine-Saint-Denis ».

La gestion du parc s’oriente aujourd’hui sur la recherche d’une cohabitation la plus harmonieuse possible entre le public très important et le milieu naturel qui reste fragile et soumis à une très forte pression d’utilisation.

A l’heure actuelle, le devenir du parc reste suspendu à l’évolution des enjeux globaux de développement de l’Est parisien, des projets du Grand Paris, qui en font un secteur stratégique avec l’aménagement de la Gare de Sevran-Livry, la proximité de l’aéroport de Roissy, le développement en réseaux des parcs urbains et forestiers avec un potentiel de 900 ha sur les coteaux de l’Aulnoye et la Forêt de Bondy.

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