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Mon chat, ce chasseur…

Savez-vous que 12 millions de Chats domestiques peuplent les foyers français ? Notre animal domestique préféré, aussi sympathique (ou caractériel !) qu’il puisse l’être avec nous, est aussi un prédateur de la faune des jardins et des espaces verts, tout particulièrement en ville.

Le Chat domestique est l’animal préféré des Français. 12 millions vivent dans nos foyers, sans compter les chats errants. Certains l’adorent, d’autres moins, pour beaucoup de raisons aussi subjectives les unes que les autres : son indépendance, sa beauté, sa gentillesse, son intelligence, sa nonchalance... Cependant un fait est établi le concernant : son action de prédation sur la faune des jardins, mais aussi sur la faune des espaces à caractère plus naturel.

A l’origine, le chat est devenu un animal de compagnie il y a plusieurs siècles pour… chasser les souris ! Et effectivement, il a pu participer dans l’Histoire à réguler certaines populations de rongeurs en surnombre (mulots, campagnols, souris domestiques…). Mais on sait aujourd’hui qu’il s’attaque à de nombreux autres animaux. Son régime alimentaire est extrêmement varié : plus de 50 espèces de petits mammifères terrestres peuvent faire partie de son menu en Europe occidentale, sans compter les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. Les études scientifiques montrent que les chats capturent en moyenne presque 2,5 proies en une semaine. Donc si on fait le calcul, le nombre d’animaux tués peut vite grimper…

Chez nous, en Seine-Saint-Denis, une étude a été réalisée sur les mammifères au printemps 2017, par une étudiante en master d’écologie et biologie des populations, au parc départemental du Sausset. Grâce à des capteurs photographiques, elle a constaté que dans la zone sensible du Marais (qui accueille de nombreux oiseaux dont plusieurs espèces Natura 2000), au moins trois chats domestiques sont présents au niveau des berges et y chassent, alors même que les premières habitations sont loin de ce secteur du parc.

Oui, le Chat domestique est un chasseur, mais peut-on quantifier ce phénomène ? Constitue-t-il une menace réelle pour la biodiversité ? Pour comprendre l’écologie de l’espèce et étudier ses interactions avec la faune sauvage, le Muséum national d’Histoire naturelle a lancé un grand programme participatif sur le sujet. Les propriétaires de chats sont invités à décrire les comportements de leur compagnon et rapporter leurs observations sur ses actions de chasse.

Il ne s’agit pas de stigmatiser le chat, mais d’avoir une meilleure compréhension des écosystèmes urbains et de notre rôle – humains – qui avons domestiqué l’animal et donc influencé son mode de vie et favorisé sa présence. A terme, l’objectif du programme est de pouvoir mener des actions de prévention des risques de prédation auprès des propriétaires de chat, de sensibiliser à la question de la stérilisation et de l’abandon, pour que chacun trouve sa place dans notre milieu de vie !

En attendant les résultats de cette grande enquête nationale, que peut-on faire ? Il ne s’agit pas de cadenasser Minou à la maison et de le gaver pour qu’il n’ait plus envie de chasser – d’autant que les premiers résultats tendent à montrer que l’effet est inverse – mais simplement déjà d’observer son chat, de le faire stériliser pour éviter ses errances pendant les périodes de reproduction, peut-être aussi de réguler ses sorties et pourquoi pas, simplement, de s’engager dans le programme « chat domestique et biodiversité »

Enfin, de manière générale, il est recommandé de ne pas nourrir les chats errants. On peut aussi demander conseil à une association spécialisée en la matière, notamment pour permettre la stérilisation des individus isolés que l’on peut rencontrer, évitant ainsi la pullulation et une vie peu enviable pour ces animaux livrés à eux-mêmes et parfois maltraités.


Pour en savoir plus sur le programme participatif du Muséum national d’Histoire naturelle :
http://www.chat-biodiversite.fr/

seine-saint-denis.fr

Retrouvez toute la vie du département sur le site officiel de la Seine-Saint-Denis

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