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Quelle perception de la Perruche à collier dans la métropole parisienne ?

En quelques décennies, les franciliens – dont les habitants de la Seine-Saint-Denis – ont pris l’habitude d’observer les Perruches à collier au-dessus de leurs têtes. Aujourd’hui, quelle appréciation ont-ils de cet oiseau dont le nombre a été multiplié par dix en dix ans en Île-de-France ?

 1/ Le portrait d’une grande perruche verte

La Perruche à collier (Psittacula krameri) est un grand oiseau d’une quarantaine de centimètres de long. Elle est très facile à reconnaître, grâce à sa couleur – verte – très vive et son cri métallique, bruyant et distinctif. Seuls les mâles ont un collier bien dessiné autour de la gorge, les femelles n’en ont pas ou alors très flou et diffus.

Elle dépend étroitement de grands arbres pour nicher (c’est une espèce cavernicole) et d’une grande diversité d’essences pour se nourrir (bourgeons, fleurs, akènes et fruits). Par conséquent, elle fréquente les parcs urbains, les squares et les jardins, où la variété des espèces est grande. Les Perruches à collier se nourrissent également aux mangeoires.

C’est une espèce grégaire qui se déplace en petits groupes pendant la journée. Le soir, elles se rassemblent pour gagner des dortoirs qui peuvent compter plusieurs centaines d’individus. Elles se dispersent à nouveau au matin.

 2/ Une espèce exotique, potentiellement envahissante et concurrente aux espèces locales

C’est une espèce exotique et tropicale : son aire de répartition d’origine couvre une partie de l’Afrique subsaharienne et le sous-continent indien. En Europe, notamment en France, des populations ont été constituées accidentellement dans les années 1970 par des oiseaux soit échappés de captivité, soit délibérément relâchés.

Les populations européennes les plus importantes sont observées au Royaume-Uni (Londres, 30000 individus), en Belgique (Bruxelles, 8000 individus) et en Île-de-France. La population de Perruches y a été multipliée par dix en moins de dix ans : les derniers comptages (2014) recensent 5000 individus.

Aujourd’hui, la Perruche à collier est considérée comme potentiellement invasive en Île-de-France, c’est-à-dire qu’elle peut causer des impacts négatifs sur le territoire. Après s’être acclimatée durant les trente dernières années, l’espèce semble bien avoir commencé une croissance exponentielle caractéristique de la phase de prolifération. Une fois cette phase engagée, il est très difficile de contrôler les populations.

Au-delà du risque de ravages que la Perruche à collier peut entraîner sur les cultures, on ne connaît pas encore bien les interactions avec les autres espèces d’oiseaux – notamment locales – et les conséquences écologiques de son développement (concurrence pour la ressource alimentaire, pour nicher, etc.). Plusieurs études scientifiques sont en cours sur ces questions pour nous éclairer précisément sur ces phénomènes.

 3/ De plus en plus présente, de moins en moins appréciée…

Alizé Berthier, doctorante en géographie à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, étudie aujourd’hui la perception de la Perruche à collier dans la métropole parisienne.
Elle a rédigé un article sur le sujet (dans la revue des Annales de géographie, n°716 (2017)) particulièrement intéressant, car il traite de cette question sociale, mais fait aussi le point sur l’écologie des populations sur le territoire francilien, aujourd’hui. Pour son travail de recherche, elle a d’ailleurs interrogé les agents de l’Observatoire départemental de la biodiversité urbaine (ODBU), mais aussi les équipes gestionnaires des parcs départementaux de la Seine-Saint-Denis.

Ses résultats tendent à montrer que les habitants ont d’abord un avis positif sur cet oiseau qu’ils trouvent beau et exotique. Mais au fur et à mesure que la population augmente et devient commune, les Franciliens l’apprécient de moins en moins. Selon leurs lieux de vie, ils tolèrent plus ou moins l’espèce : les nuisances que peuvent entraîner les perruches sont en effet beaucoup moins supportées à proximité des espaces privés, notamment des habitations.

Si vous êtes intéressé à consulter cet article et à en savoir plus sur les travaux d’Alizé Berthier, n’hésitez pas à contacter l’ODBU.

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